
La grande Chiquitania est un territoire de 220 000 km2 qui se situe dans la partie orientale du département de Santa Cruz. Elle représente 56% de ce département et 19% de la totalité de la Bolivie.
Avant la conquête espagnole, la Chiquitania était peuplée de 50 groupes ethniques chacun ayant leur propre langue et culture. Aujourd’hui, après le passage des jésuites entre 1691 et 1767 puis le métissage espagnol, les « Chiquitos » conservent leurs traditions, pratiquent la foi chrétienne et entretiennent leurs églises restaurées, en organisation régulièrement des fêtes leur permettant de les faire vivre.
L’attrait majeur de la Grande Chiquitania est sa nature resplendissante. On trouve dans la région, le parc Noël Kempff Mercado, inscrit à l’UNESCO pour sa biodiversité la mieux préservée d’Amazonie, le parc national Pantanal – Otuquis, le parc national Kaa Iya, le monolythe de Chochis, la réserve départementale de la Vallée de Tucavaca, le sanctuaire des orchidées boliviennes et le sanctuaire des rapaces.
Les plats traditionnels de la région sont le Locro et le Majadito. Le « cuñapé », petit pain de mais et yuca ainsi que le pain de riz sont consommés quotidiennement par la population en fin d’après-midi accompagné d’un café.
La musique était présente sur ce territoire avant même l’arrivée des jésuites et le don du peuple Chiquitos pour celle-ci a été utilisé par les pères missionnaires comme instrument d’évangélisation. Les hommes de la Compagnie de Jésus ont enseigné la musique baroque, à la chanter et à la jouer. Ils ont fait des indigènes, des luthiers remarquables. Le Père Martin Schmidt, architecte jésuite suisse de trois des missions de Chiquitos, était également un compositeur de grand talent. Il a enseigné aux Chiquitos l’art de la composition.
Après le départ des religieux en 1767 et jusqu'au milieu du XXe siècle, Les indigènes ont continué de jouer la musique lors des grandes fêtes religieuses. Ne sachant plus lire la musique, ils préservèrent de façon orale un répertoire, qu'ils recopiaient néanmoins. Les archives des missions conservent des manuscrits souvent en piteux état, à cause du climat, mais qui sont le témoin d'un phénomène d'acculturation qui a maintenu vivant un son venu de très loin. L’architecte Suisse Hans Roth, à l’initiative de la restauration des églises des missions jésuites dans les années 1970, découvrit lors des travaux de déblaiement des galeries à Santa Ana et San Rafael, des fragments de différents instruments de musique et surtout des livres de chant et des partitions : plus de 5000 pages manuscrites dans un état de décomposition totale. On y découvre ainsi des œuvres du Père Martin Schmidt mais également de Domenico Zipoli, Arcangelo Coreli, Antonio Vivaldi, Bartholomé Massa, et Joseph Ignace Brentner. Mais la plupart des œuvres trouvées sont d’anonymes.
Alain Pacquier, Français, fût à l’origine d’une action qui permit de découvrir ce patrimoine universel. Depuis 1994, l’APAC (Associacion Pro Arte et Cultura) organise tous les deux ans un festival international de musique baroque sud-américaine qui a lieu dans les missions de Chiquitos et de Moxos.
Dans chacune des missions jésuites de Chiquitos, une école de musique souvent située à côté de l’église, enseigne aux enfants cette musique baroque. Les orchestres de San José de Chiquitos et celui de Concepcion sont aujourd’hui reconnus mondialement.
Aux alentours de chacune des anciennes missions se sont développées des Communautés indigènes qui vivent autour de petites maisons traditionnelles.
L’artisanat traditionnel de la Chiquitania se compose du tissage du coton ou de fibres végétales, de la sculpture du bois, de la fabrication de masques et de bijouterie à partir de graines.
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